Le printemps se tourne vers le luxe

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Malgré le recul de l’activité cette année, les
nouveaux propriétaires investissent pour améliorer la rentabilité en misant sur le luxe.

Jeudi prochain, le Printemps Haussmann, à Paris, lèvera le voile sur ses façades restaurées et sur la première tranche des travaux de rénovation intérieure. Une mue
de taille : les ascenseurs centraux ont été déplacés pour créer deux atriums reliant sous-sol, rez-de-chaussée et premier étage, décorés d’œuvres d’art suspendues. Le tout donne une
impression de légèreté et de luminosité qui contraste avec le fouillis obscur d’autrefois. Cela permet aussi de fluidifier le flot des visiteurs d’un étage à l’autre.

La transformation est signée du cabinet d’architecture Yabu-Pushelberg qui a conçu les superbes grands magasins Lane Crawford de Hongkong et plusieurs hôtels de
luxe. C’est bien l’esprit que recherche le Printemps nouveau : un service digne des palaces pour se hisser dans le top des department stores mondiaux. Avec concierge, voiturier, personal
shoppers, VIP lounge et six salons d’essayage privés, sans compter des restaurants comme Cojean ou Ladurée. Sur ces trois étages, on trouve désormais des accessoires de mode et de luxe, des sacs
aux bijoux. Objectif : augmenter de 30 % le chiffre d’affaires dans cette catégorie très rentable. Le résultat serait déjà là : selon Maurizio Borletti, dont la famille est
actionnaire du Printemps au côté de Deutsche Bank, les ventes progressent déjà de l’ordre de 50% après travaux.

 

«Rendre les clients heureux»

 

L’offre a été largement revue. La lingerie a été déplacée du sous-sol vers les étages supérieurs. À Zara ou Mango, ont succédé de nouvelles marques comme le
joaillier Pomelato, les griffes de mode pointues Roland Mouret ou Rick Owens grâce à un partenariat avec la boutique ultratendance Maria Luisa, qui a ouvert en octobre une échoppe au sein du
Printemps. «
Nous visons le luxe sans pour autant segmenter. Nous voulons traiter la cliente qui achète un sac à 150 euros de la même façon que celle
qui en achète un à 1 000 euros
», souligne Maurizio Borletti. Cela passe notamment par un vaste programme de formation des vendeurs.
«
Avant, on n’accordait aucune valeur à l’acte de vente, note Paolo De Cesare, président de l’enseigne. En arrivant, j’ai dit que la seule façon de
faire du business était de rendre nos clients heureux

source: Le figaro